Deuxième Chapitre
« J'ai besoin d'aide s'il vous plait !!! Il se réveille !!! S'il vous plait !!! »
Bill marchait, cela faisait des heures mais il ne s'en était pas encore rendu compte... il réfléchissait, il pensait... il rêvait.
Sa mère était excessive et beaucoup trop protectrice... ce qu'il demandait, c'était juste un peu de liberté... il voulait agir selon ses propres lois et non celle qu'il connaissait depuis trop longtemps.
Il était sur cette route qu'il prenait si souvent... une fois par semaine... elle menait à l'hôpital là où reposait son père depuis 10 ans. Là où lui aussi avait guéri... il avait perdu la mémoire... les médecins s'étaient aperçus d'une anomalie et avaient été obligé de l'opérer, effaçant tout souvenir de sa mémoire.
Il arriva enfin à l'hôpital, il monta dans la chambre, les infirmières avaient l'habitude de le voir... ce jeune garçon à l'allure féminine... mais si gracieux, il faisait craquer tout les c½urs de la gente féminine mais n'en avait à son goût aucun besoin... ce n'était pas dans sa nature de se servir de quelques femmes pour assouvir ses ardeurs. Nan... lui était respecté de tout le monde pour son caractère bien trempé.
Il était aussi admiré par ses amis masculins... lui avait réussi à se différencier des autres, lui avait réussi à se faire une vie sans encombre apparentes...
« Bonjour Jeanine » Dit-il à la femme accoudée au bureau d'accueil.
Elle lui répondit par un bref « salut ». Il en conclut que la journée avait été mauvaise.
Jeanine était une infirmière bien portante qui était très serviable et qui n'avait jamais fait aucun écart dans son travail qu'elle prenait très au sérieux. C'était aussi elle qui se chargeait de son père, ce qui créait des infinités...
Il toqua à la porte de la chambre 126 et entra sans attendre de réponse... il se doutait qu'il en aurait pas tout de suite.
« Bonjour papa... t'as vu... je suis là aujourd'hui aussi ! »
Un sourire se dessina sur le visage du jeune homme quand il vit les battements de son père s'accélérer, Jeanine lui avait dit que ça voulait dire, qu'inconsciemment, son père l'entendait... son c½ur répondait simplement à sa place.
« Comment tu vas ?! »
Il attrapa lui attrapa la main et la serra.
« Ben moi, ça va pas trop... je ne sais pas... j'ai une boule au ventre toute la journée... j'ai l'impression qu'il me manque quelque chose... »
Il baissa la tête, les larmes envahirent ses yeux... elles ne couleraient pas, mais elles restaient là... faisant luire ses prunelles marrons.
« Aide moi papa... je t'en supplie... aide moi à me souvenir... »
Il avait posé sa tête sur le bras de son père.
« Ca me tue de ne pas savoir ce qu'il ne va pas chez moi... maman me cache tellement de choses tu sais... elle ne veut rien me dire sur mon passé, pour ne pas que je souffre me dit-elle... mais ça me fait vraiment trop mal... »
Le jeune homme se leva soudainement quand un point lumineux rouge s'affola sur l'écran. Un sourire traversa sa pensée, mais plus important était à faire...
Il ouvrit la porte avec précipitation et hurla à travers le couloir rempli :
« J'ai besoin d'aide s'il vous plait !!! Il se réveille !!! S'il vous plait !!! »
Jeanine arriva en courant suivis du médecin qui en faisait de même.
Ils entrèrent dans la chambre.
Bill resta dehors... on ne sait jamais ce qu'il pouvait se passer, il pouvait gêner les médecins s'occupants de la santé de son père...
A l'intérieur, tout s'agitait, tantôt son c½ur lâchait, tantôt il repartait pour battre à une allure inquiétante.
Finalement, tout s'arrangea. Les médecins ressortirent, un pâle sourire aux lèvres... en effet, son état s'était stabilisé, il s'était réveillé l'espace d'un millième de seconde... mais avait à nouveau sombré.
Bill se jeta sur eux, leur posant des tas de questions... son sourire ressembla bientôt à celui des médecins.
Son père serait peut-être le seul à vouloir lui dire la vérité... que ce qu'il s'était passé ce soir là... sa vie avant... tout se qui se rattachait à lui... la chose qui lui manquait...
« Je suis vraiment désolée Bill... mais ne pers pas espoir, je suis sûre qu'un jour il se réveillera ! Si tu continue à venir le voir aussi souvent, ça ne peut qu'arriver... » Dit Jeanine.
« Merci Jeanine... J'espérais juste des réponses... il semble que je doive attendre encore un peu... »
« Tu n'as pas besoin de savoir ça pour être toi... tout le monde t'adore Bill... tu le sais très bien... alors pourquoi essaies-tu de chercher quelque chose qui pourrait te faire souffrir ??? »
« Parce que je ne suis pas heureux justement... je sais qu'il me manque quelque chose... je suis sûr que tout le monde sait... mais personne ne veut me le dire... qu'ais-je fais de si horrible pour que ce secret reste... secret ?? »
« Oh mais non Bill... ne crois surtout pas que tu as fait quelque chose... tu n'es en rien responsable à ce qui est arrivé... »
La femme serra Bill avec tendresse... mais celui-ci fut choqué par un détail... « ce qui est arrivé » elle aussi est donc au courant... il découvrira ce que c'est... il s'est bien passé quelque chose cette nuit là... quelque chose qui comptait pour lui plus que n'importe quoi s'est évaporé... ce qu'il ne comprenait pas... c'est pourquoi il est le seul à ne rien savoir...
Elle desserra l'étreinte mais garda les mains du jeune homme dans les siennes.
« Bon, je dois y aller... plusieurs patient m'attendent... »
Elle déposa un léger baisé sur le front de Bill et fit demi-tour pour aller travailler.
Quand à lui, Bill se décida pour rentrer chez lui. Il sortit de l'hôpital, regarda le ciel en fermant légèrement les yeux pour éviter que les fines gouttelettes ne rentrent dedans.
Il marcha doucement, il n'était pas pressé, il aimait le contact de la pluie sur sa peau, si bien qu'il enleva sa veste. Il la posa sur son avant-bras et continua sa route.
Cela faisait une heure qu'il marchait, il commençait un peu à être fatigué. Il appréhendait sa rentrée à la maison, sa mère allait encore lui faire la morale... il n'en voulait plus de tout ça, il voulait changer d'univers, dans moins d'un an, il aurait 18 ans, et avec quelques économies, il pourrait partir non loin d'ici pour pouvoir continuer à aller voir son père, c'est tout ce qui comptait pour lui.
Il arriva devant sa porte d'entrée, il ouvrit la porte sans toquer défis ses chaussures ainsi que son blouson et montait dans sa chambre.
Il était en pleine réflexion, quand il entendit un bruit inhabituel provenant de la chambre de sa mère.
Il continua de monter les escaliers, et se dirigea vers la chambre de celle-ci. Il colla son oreille à la porte et put entendre une voix masculine ainsi que de petits couinements de Simone.
La colère monta... comment pouvait-elle oublier qu'elle avait un fils à la maison... que son mari est dans le coma... comment peut-elle prendre du plaisir alors que le monde autour d'elle souffre...
Il était hors de lui, et sous cette haine présente, il ouvrit la porte et découvrit sa mère qui était bel et biens avec un homme... ils étaient nus l'un sous l'autre et n'avait pas remarqué sa présence.
« MAMAN !!!! »
Ils s'arrêtèrent et regardèrent Bill avant de cacher leur nudité sous les couvertures.
« Mais comment tu peux faire ça à papa ?!!! »
Simone se leva, le drap autour de sa poitrine, elle s'approcha de son fils mais celui-ci recula.
Elle s'arrêta et ouvrit la bouche pour parler mais il lui prit la parole en premier.
« Comment tu peux nous faire ça... je croyais que tu aimais papa... ce n'est pas toi qui pleurait la dernière fois ?!! Je ne pensais pas que tu ferais ça un jour à l'insu de mon père... »
« Bill... ce n'est pas ce que tu crois... ni ce que tu as vu... »
« Je ne crois que ce que je vois... et là j'ai bien vu une pute entrain de se faire baiser par un inconnu !!! »
La main de Simone partit dans le visage angélique de son fils qui était à présent déformé et grimaçant de dégout.
« Ne me parle pas comme ça Bill... »
« Tu viens de me frapper là ?!!! Tu viens de me frapper ?!!! Très bien... je pars avant l'heure !!! Adieu Simone... tu vas regretter ce que tu viens de faire !!! »
Il claqua la porte derrière son passage, il allait dans sa chambre et pris ses affaires nécessaire à son bien être, il partait ce soir, et elle ne le reverrait sans doute jamais... sa mère ne l'avait jamais giflé, même quand elle était très en colère contre lui, cette gifle signifiait beaucoup... beaucoup trop...
Il prit sa valise ainsi qu'une sacoche, il se dirigea vers la lingerie, prit une boîte en fer située sur une haute étagère et la plaça dans son sac.
Il prit ses clés et allait dans le garage pour sortir sa moto. Il attacha son bien sur le derrière, mis ses gants ainsi que son casque et démarra...
Pendant ce temps, Simone était allongée sur son lit... les larmes dégoulinant sur l'épaule de son amant... qu'est-ce qui n'allait pas chez elle... depuis l'accident, elle avait terriblement changée de comportement envers son fils... l'unique sur deux qui lui restait... Qu'avait-elle ratée avec celui-ci... ne lui avait-elle pas donnée tout ce sont il avait besoin ?? Il était heureux et aimé de tous, qu'est-ce qu'il lui manquait encore à part des réponses qu'elle ne voulait pas lui donner... peur de réveiller sa douleur de la perte de son premier fils et temporairement ou définitivement de son mari...
Si Simone était allait voir ailleurs s'était simplement pour essayer de faire son deuil qu'elle tentait d'atteindre depuis maintenant dix ans... mais Bill ne pouvait pas comprendre... il ne savait pas ce qu'il s'était passé et pour sa santé morale elle pensait que s'était mieux ainsi... de lui cacher l'ancienne existence de son frère jumeau décédé dans un accident de voiture il y a de ça dix ans...
Bill arriva dans un quartier qu'il connaissait bien, son meilleur ami habitait ici, en compagnie de sa grande s½ur. Il descendit de son engin, décrocha sa valise et partit en direction de la maison de son ami. Il n'avait pas peur pour sa moto, ici, personne ne lui volerait.
Il toqua et attendit un bref « entrez » pour tourner la poignée et déclarer :
« C'est moi !!! Je vous dérange pas j'espère ?!! »
Andréas arriva en boxer, laissant apercevoir à Bill les abdos de son ami, il les avait déjà vu, cela ne le gênait en rien.
« Hello Bill !! Qu'est-ce qu'il t'amène ici ?! Ta mère encore une fois ?! »
« Tout juste, mais cette fois c'est définitif... elle m'a giflé... »
Son ami fit juste un « sshshh » grimaçant avant de prendre la valise de Bill et de l'emmener dans sa chambre, il dormirait ici à présent, jusqu'à ce qu'il puisse se loger et se débrouiller seul.
Il revint, habillé, dans le salon là où le jeune arrivant s'était déjà installé dans le canapé, discutant avec Jenny, sa s½ur.
« Bon... raconte-nous tout ! »
Le jeune homme partit dans de longue explication, détaillant sa journée à l'hôpital, puis termina par son arrivée ici.
« La galère » Déclara la jeune femme.
« Ouais... je comprends que tu sois partis de chez toi... moi je l'aurais d'abord frappée !!! »
« Je me suis juste défoulé sur la porte. »
Ils rigolèrent un peu et passèrent à table, ils parlèrent, de tout de rien, comme d'habitude, ce qui avait le don de remonter le moral de Bill.
Une fois le film devant lequel ils d'étaient installé fut finis, ils se levèrent et partirent tous trois dans les chambres.
« Bill, tu dormiras avec moi dans mon lit, on sait jamais, si tu dors sur le canapé, une certaine Jenny risquerais de te violer pendant ton sommeil !! »
La jeune fille avait tout entendu et riposta de forte voix depuis sa chambre :
« J'ai un petit copain Andréas souviens t'en de temps en temps !!! »
Jenny avait 21 ans, elle avait quittée la maison familiale, prenant son petit frère son sous bras à l'âge de 18 ans, elle s'en était sortie comme une pro.
Son père la battait, elle avait décidée de partir, mais son frère de 14 ans n'en serais pas sortit indemne si elle ne l'avait pas emmenée, si il lui était arrivé quelque chose, elle s'en serait voulue toute sa vie... son frère, s'était sa vie, ils étaient tout deux comme deux jumeaux, un regard suffisait pour qu'ils se comprennent. Bill enviait ce sentiment... ça devait être super de communiquer simplement par l'amour dans ses yeux...
Jenny avait rencontré l'amour dans l'année de ses 19 ans, il l'avait aidée à s'en sortir, elle et son frère.
« Oui... je sais, je sais... je ne l'oublierais jamais celui là !!! » Répondit Andréas.
Jenny entra dans la chambre, simplement vêtue d'un haut en soie et un boxer.
« Bonne nuit mes chéris... faites de beaux rêves !!! »
Andréas la regarda et la serra dans ses bras avant de l'embrasser sur la joue.
« Bonne nuit !!! »
Elle se retourna et ferma la porte, faisant voler ses cheveux blonds.
Andréas regardais Bill un sourire aux lèvres... il savait qu'il admirait sa s½ur... tout ce courage, jamais il n'en aurait autant...
Ils enlevèrent leurs vêtements et se couchèrent dans le lit une place d'Andréas.
Bill était dos à Andréas qui lui l'avait pris amicalement dans ses bras pour laisser plus de place pour dormir confortablement, ce n'était pas la première fois qu'ils dormaient ainsi, ils avaient l'habitude.
« Bonne nuit mon chéri !! » Déclara le blond.
« Bonne nuit mon amour !!! » Riposta le brun.
Ils éclatèrent de rire et s'endormirent.
Une lumière blanche éblouissante, un cri... un klaxon... un bruit métallique... des cris... des pleurs...
Bill se réveillait en sursaut... c'était la première fois qu'il faisait ce cauchemar... Et c'était de loin le plus réel qu'il n'est jamais fait.
Il se levait et allait dans la cuisine, il se servit un verre d'eau et le déglutit.
Il regarda l'heure sur le micro-onde qui affichait 6h30 du matin ; il n'était plus temps pour lui de retourner se coucher... il avait cours à 8h00.
Il allait doucement dans la chambre qui était aussi sienne depuis hier soir et sortit quelques affaires de son sac, tout ça, sans réveiller Andréas qui mettait beaucoup moins de temps que lui à se préparer et donc se levait plus tard.
Un frisson parcouru le dos du jeune homme quand il entra sous la douche, l'eau n'avait pas encore chauffée, mais elle ne tarda pas trop à devenir bouillante, sa température préférée.
Il repensa au rêve de cette nuit... impossible de mettre des mots sur ce qu'il ressentait à ce moment, il était triste, il était derrière, un lapin en peluche dans les mains, il regardait par la fenêtre, les yeux à moitié fermés par la fatigue, il avait soudainement entendu un cri provenant du siège devant lui, il ne savait pas qui cette personne était... il avait vu cette voiture arriver à vive allure, il avait crié lui aussi... des klaxons puissants se faisaient entendre, puis un bruit métallique... il avait vu son petit visage d'enfant se tordre de douleur sous le choc de l'impact crée par sa voiture avec la deuxième. Il avait vu du sang s'écouler, puis... son réveil.
Mais d'un autre côté, il était content que ce ne soit qu'un rêve, ou du moins, il l'espérait...